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Un air de paradis en Croatie... avant le purgatoire du Monténégro !

  • Photo du rédacteur: lademandeenvoyage
    lademandeenvoyage
  • 24 mars 2018
  • 16 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 mai 2020


Prendre le ferry de nuit nous permet deux choses plutôt sympas : prendre une douche et avoir un endroit où dormir au sec. Nous débarquons donc à Split le 17 mars à 7h du matin, propres et reposés (ou presque car sans cabine, on dort comme on peut dans le ferry).

Le temps n'est pas réjouissant ! Vent fort sur la mer et grisaille qui laisse imaginer l'averse à venir. Nous nous engageons dans les rues blanches du centre historique avec Maty. Nous sommes absolument seuls et pouvons profiter de la beauté du lieu. Après un tour de repérage et avoir retiré quelques couronnes croates (notre première monnaie exotique !) nous décidons de garer nos vélos devant l'hôtel de ville, sur une place qui sera fréquentée quelques heures plus tard. Nous continuons notre balade dans les ruelles, quelle chance d'être ici avant la cohue estivale ! La pause café s'impose, "Good day starts with a coffee at la Bodega" nous tance une enseigne. Nous y croisons Audrey, Québécoise et Phil, Australien, qui voyagent en Europe avec la mère de Phil pour plusieurs semaines, Maty les avaient rencontrés sur le bateau. Ils nous suggèrent de monter dans la tour de la cathédrale de St Domnius qui est un ancien mosolé du IVe siècle, transformé en église au VIIe siècle.


Nous nous y rendons et pouvons apprécier la vue sur la ville, on voit presque Georges sur la place ! On s'aperçoit alors qu'il y a sacrément du vent et que le sud (notre direction) est particulièrement noir.

On se dégote une excellente brioche pour le petit dej, les gens ont une attitude positive envers nos vélos, et Split est vraiment une très belle ville... notre séjour commence bien !

Nous rejoignons Maty dans un magasin de matériel de camping où nous nous approvisionnons en gaz (nous évitons d'utiliser de l'essence dans le réchaud tant que nous pouvons et le gaz permet de cuisiner sous la tente sereinement). Nous avions fini notre réservoir la veille du ferry en plein milieu de la cuisson des pâtes ! Nous veillerons à ne pas reproduire cette erreur.

Du fait de la météo et surtout du vent de face qui nous attend sur la route côtière, nous choisissons de rentrer dans les terres derrière un massif montagneux pour le début de notre séjour croate. Ceci nous permet de faire nos 1ers kilomètres avec Maty. Nous sortons de la ville par de grands axes, les voitures sont moins bien revisées que chez nous ça se sent (litteralement). Maty attire toutes les attentions avec sa monture bariolée, c'est à peine si on nous voit avec Georges et Bob, ça nous change.

Ascension d'un col dominé par un fort pour passer derrière le massif, Maty nous suit malgré la charge qu'il transporte, il a "la caisse" ! Un abrazo et on se sépare, lui vers le Nord, nous vers le Sud... dans quelques heures nous aurons plusieurs dizaines de kilomètres entre nous, dans quelques jours plusieurs centaines.

La pluie menace mais nous n'avons pas trop de vent et nous n'aurons finalement que quelques petites averses jusqu'en fin de journée, passer par les terres était la bonne option. Nous nous engageons dans un plateau relativement austère surtout avec la grisaille ambiante. La récente autoroute Split-Dubronik suit le même chemin, nous suivrons son entaille dans les bordures du plateau jusqu'à notre retour sur la côte. Quelques villages parsèment la route mais ont les croirait abandonnés, très peu de voitures... on se croiraient seuls ! On découvre la campagne croate, les poules en liberté, les épaves de voitures... les Balkans quoi !

La route prend de la hauteur et nous pouvons apprécier le paysage et les Gorges de la Cetina malgré l'ambiance sombre de la fin de journée. Nous sommes toujours dans le même fuseau horaire, il fait donc nuit de plus en plus tôt. C'est assez drôle d'imaginer qu'au bout de la Galice c'est la même heure mais qu'il doit faire encore sacrément jour.

Une dernière côte avant le village de Zagvozd que nous avions pointé comme étape. L'averse éclate et nous nous ruons sur un champ en bordure de route où nous montons la tente le plus rapidement possible. Trop tard les sacoches sont mouillées et nos habits de pluie aussi, bon certes ils sont faits pour ça.. mais c'est rageant car nous étions secs 15min plus tôt !

C'est donc une soirée sous la tente avec nos affaires en train de sécher comme elles peuvent qui nous attend.. il pleut fort mais la tente est bien imperméable.


Nous trouvons un peu de réconfort dans notre menu du soir : pastas à la sauce paprika et aux blettes accompagnées de parmeggiano ! On se régale et on mangera même trop ce soir-là.

Au réveil une belle surprise nous attend : il fait grand beau ! Les sommets alentours sont saupoudrés de neige.. avec les feuilles rousses on se croiraient en automne ! Nous profitons de l'éclaircie pour sécher toutes nos affaires et la tente, nous savons que ça ne durera pas, donc nous prenons le temps avant de lever le camp. A Zagvozd nous allons prendre de l'eau à l'église, je n'y avais jamais pensé mais Clarisse elle oui : il y a souvent un point d'eau dans les cimetières. C'est bientôt l'heure de la messe et les habitants cheminent vers l'église, certains à pieds depuis les villages alentours. Les Croates ont l'air plutôt croyants et les prochaines églises sont indiquées sur la route avec le nombre de kilomètres (comme le sont les stations services sur l'autoroute). La vie paraît reprendre dans l'arrière-pays croate en ce dimanche, rien à voir avec l'ambiance no man's land de la veille ! La route sera toujours aussi calme et jolie jusqu'à notre retour sur la côté à Ploce.

Arrêt aux stands pour remplir nos sacoches, nous découvrons avec plaisir que les croates vendent pas mal de choses en vrac dans les supermarchés, ça nous avaient manqué en Italie : nous avons nos sacs en tissus que nous utilisions déjà chez nous, cela nous permet de renouer avec le 0 déchet ! En plus les amandes ne coûtent vraiment pas cher, à peine 10€/kg, on fait le plein !


A cet endroit de la côte se trouve l'embouchure du fleuve Neretva, qui coule depuis Mostar en Bosnie. La plaine de son embouchure est une plaine alluviale où les cultures d'arbres fruitiers notamment, sont réalisées sur des terres-pleins artificiels de vase : la plaine est ainsi striée de "canaux" et de cultures. Nous longeons la côte par une petite route qui semble mener à un spot de kitesurf et un van avec immatriculation française nous double : sans doute des kite-surfeurs? Nous nous arrêtons au village de Blace pour faire le plein d'eau pour le bivouac, on en trouvera chez un homme un peu louche quoique sympathique et qui nous offre en plus un paquet de biscuit.

La tempête menace et nous trouvons un coin pour poser la tente en bordure des cultures, assez loin de la route. Juste le temps de la monter que le vent se lève et la pluie tombe drue ! Heureusement que notre tente est un vrai abri anti-atomique ! En tout cas nous sommes bien au sec alors que dehors la bourrasque fait rage. Nous dormons étonnamment bien cette nuit-là, le vent et le bruit de la pluie nous obligeant à mettre nos boules quies... nous dormons sur nos quatre oreilles.

Nous nous réveillons tout naturellement à 5h30 (il fait déjà jour), il ne pleut plus et le soleil commence même à pointer ses rayons quelques minutes plus tard, quelle chance ! Les prévisions météo n'étaient vraiment pas réjouissantes pour les jours suivants donc nous avons réservé un studio à Dubrovnik pour les 2 soirs qui viennent, histoire de visiter la ville mais aussi d'être au sec et de laver et faire sécher nos affaires si besoin.

Nous attaquons notre trajet vers Dubrovnik par une petite route "touristique" qui n'est pas vraiment empruntable en voiture, nous passons entre les plantations de vignes et d'oliviers, il fait désormais très beau. Nous nous arrêtons aux ruines de Smrdan Grad au dessus de la ville de Kek. Magnifique panorama sur ce qui ressemble à des fjords ! Deux presqu'îles montagneuses parallèles s'étendent le long de la côte, la plus proche est en Bosnie-Herzégovine, la seconde en Croatie.



Le découpage suite à l'éclatement de la Yougoslavie a été fait de manière assez surprenante : la Croatie est coupée en 2 par la Bosnie sur une dizaine de kilomètres. Nous traversons donc 2 frontières en l'espace d'une heure ce jour-là ! "1h pour 10km seulement ?" vous vous dîtes. A Neum, seule ville bosniaque sur la côte, nous rencontrons Mette, Andrew et Jammie, cyclotouristes danois qui sont partis de Zadar en famille pour se rendre en Thaïlande ! Jammie à environ 10 ans et à donc 1 an sans école, ses copains sont jaloux mais il a quand même des devoirs à faire ! Nous prenons donc le temps de discuter, on les recroisera sûrement.

On rentre de nouveau en Croatie. Sur cette portion fréquentée les véhicules roulent extrêmement vite et nous regrettons notre solitude de l'arrière-pays. Nous croisons 2 autres cyclos! Ally et Stef, anglais partis d'Athènes et qui rentrent chez eux.. ils nous donnent quelques tuyaux sur la suite de notre périple : l'Albanie c'est génial et en Grèce attention aux chiens dans le Nord ! Ca nous tarde.. ou pas !

Nous nous ferons dépasser par de nombreux bus et camions ne s'éloignant qu'à peine... c'est dur pour les nerfs mais cette route côtière est superbe et il fait un temps magnifique, on se croirait en été.

Pause déjeuner à Slano au bord de l'eau, on lézarde au soleil. En repartant nous recroisons nos 3 compères rencontrés à Neum, ils vont faire étape ici. De notre côté, nous poursuivons pour Dubrovnik. La route est encore plus belle et plus calme, "on se croirait en vacances" me dit Clarisse, "les vacances ce sera la Nouvelle-Zélande" je lui réponds. Mais il est vrai que cet après-midi nous fait du bien après le temps maussade des derniers jours.

Une voiture avec plaque française rouge de location longue durée nous double et nous fait des signes, ça doit être Audrey et Phil ! Au prochain village ils sont là et nous hèlent ! Nous nous arrêtons sous 2 gigantesques chênes pour discuter avec eux, ils nous rencardent sur Dubrovnik où ils sont depuis 2 jours et nous leur racontons notre route depuis Split. Encore 20km à faire il faut y aller ! Ca monte et ça descend et nous arrivons enfin en vue de Dubrovnik. Nous passons le pont suspendu par d'immenses auvents et nous passons par le port des ferries, qui est heureusement pour nous vide ce qui signifie peu de touristes.

Nous nous rendons à l'adresse du studio réservé la veille. Vu que nous sommes hors saison, les prix sont très bas : 40€ pour 2 nuits, ça nous va parfaitement ! En arrivant nous comprenons que la maison où les propriétaires louent un studio en dessous de chez eux (comme beaucoup de Croates dans les zones touristiques) se situe dans une rue... en escalier ! Nous montons donc sacoches, remorque puis le tandem l'un après l'autre. Nous serons très bien ici pour les prochaines 36h, nous sommes en rez de jardin, et on peut même mettre Georges à l'abri, parfait !

Jele, la propriétaire nous apprend qu'il y a 30000 habitants à Dubrovnik et que l'été il peut y avoir 15000 touristes d'un coup avec les ferries ! Ca fait rêver ! Nous découvrons aussi que Dubrovnik était une République indépendante tout comme Venise jusqu'au passage de Napoléon.

Le temps se gâte par la mer, 2h plus tard il pleut de nouveau après cette journée estivale.

Ce soir-là pour le 3e soir consécutif depuis que nous sommes en Croatie il pleuvra des cordes et nous sommes bien contents d'être à l'abri !

Jamais 2 sans 3, il fait de nouveau beau au réveil ! A croire qu'en Croatie il ne pleut que la nuit. Nous pouvons donc visiter au soleil la vielle ville cernée de remparts. Il n'y a quasiment aucun touriste, nous avons de la chance d'y être en cette saison (sans compter qu'en été en plus de la foule, il fait 40° !).

Un téléphérique permet de se rendre dans un fort surplombant la ville, nous y montons à pieds et pouvons y apprécier la vue sur la ville et sur la côte au Nord. Nous prenons le temps de nous poser et en descendant nous nous offrons même l'apéro ! (wouhou c'est la fête). Dîner au studio (faut pas abuser sur les dépenses non plus !) et une nouvelle bonne nuit au sec alors que de nouveau dehors c'est le déluge, décidément on a vraiment de la chance pour nos journées jusque-là !

C'est reparti direction le Monténégro, il nous reste quelques kilomètres tantôt par la grande route, tantôt par des sympathiques détours avec dénivelés que nous fait faire le GPS (nous utilisons l'application Maps.me qui marche plutôt très bien pour éviter les grands axes et passer par les routes touristiques.. parfois au prix de quelques détours pas vraiment optimaux !).

Nous voici à la frontière ! Douanier sympathique, on quitte la Croatie par une belle descente... et on s'arrête 3km plus bas à la frontière du Monténégro... nous avions oublié que les postes de douanes fonctionnent par 2. On reste bien 15min bloqués à cause des voitures devant nous, cela laisse le temps à 2 cyclotouristes d'arriver derrière nous ! En ce moment nous en croisons beaucoup c'est super. Nous passons la frontière et descendons ensemble à Idago au bord du fjord de Kotor pour la pause déjeuner. Andrew et Kate sont partis d'Angleterre en Avril 2017 et après une boucle en Scandinavie, ont hiverné 3 mois en Italie, à Pérouse. Ils sont repartis depuis peu en suivant la même route que nous et par le ferry Ancône-Split précédent le nôtre (soit 3j avant). Le Monténégro est leur point le plus au sud puis ils remontent vers l'Angleterre qu'ils comptent rejoindre en Octobre... Nous discutons route, matériel, boulots, Brexit ! Cette rencontre nous donne à tous le sourrir, on est tous contents de pouvoir partager car dans ces pays il est assez rare d'échanger du fait de la langue.


Nous devons poursuivre notre route autour du fjord, nous avons prévu de dormir un peu plus loin : là où le ciel est particulièrement noir...

Nous longeons cette curiosité géographique ou 2 verrous successifs forment des bassins de mer consécutifs et presque fermés. La mer dans la terre. Le tout entouré de montagnes de plus de 1000m, blanchies par la neige récente. C'est superbe malgré le temps. Le vent du nord s'est levé mais reste encore modéré, nous trouvons un "Autocamp" (camping improvisé par les Monténégrins sur un bout de terrain) fermé au bord de l'eau et abrité du vent (en rouge sur la carte).

Il ne pleuvra finalement pas trop cette nuit mais au réveil il est évident que le vent à forci... ce qu'il continuera de faire toute la journée. Au loin le plan d'eau moutonne fortement et il fait gris (foncé).

Nous continuons notre tour du fjord direction Kotor, à 20km de notre site de camping. Nous sommes par intermittence abrités ou non du vent... nous l'avons plutôt de dos tant mieux. Des rivières souterraines déversent leur flots dans le fjord qui possède 2 petites îles abritant des monastères. Le coin doit vraiment être magnifique en été... pour nous c'est une beauté plutôt hostile.

Pause bien méritée à Kotor, jolie ville avec 2 églises orthodoxes où nous tombons sur un groupe de Français en voyage d'entreprise. Ils avaient prévu kayak aujourd'hui et vtt le lendemain... perdu ! Ils n'en reviennent pas qu'on soit venu en vélo... c'est pourtant vrai (ou presque, si l'on considère bus, trains et ferry).


Nous dégotons un café bar bien caché au fond d'une ruelle, bonne pioche il est très local. Les murs sont tapissés d'écharpes de foot, quelques clients arrivent et lisent leur journal avec un café. Nous profitons du Wifi car ici au Monténégro nos forfaits ne fonctionnent plus. La conversation se noue avec un retraité de la marine marchande qui est allé aux quatre coins du monde (dans les ports au moins) et parle un peu anglais et français. Il nous paye un café, sympathique moment. Parmi les clients figurent l'entraîneur de l'équipe de foot en salle du Monténégro qui nous montre fièrement des photos de Corse et de Monaco. Ils se lancent dans une partie de carte, à priori le briscola, jeu italien et le ton commence à monter, "it's normal" nous rassure la serveuse.

On est bien ici au chaud, mais c'est pas tout ça on a encore 60km à faire pour rejoindre Bar où nous prévoyons notre 2e et dernière nuit au Monténégro... ensuite on entre en Albanie. On contente nos estomacs d'une (grosse) part de pizza dans la rue avant de partir, nous discutons avec commerçant qui nous dit qu'il pleut tous les jours depuis 1 mois et que ce n'est pas vraiment normal pour la saison, et vu les prévisions ce n'est pas fini !

On s'apprête à sortir de la ville et du fjord par un petit col car la route principale emprunte un tunnel un peu trop long pour y circuler à vélo. Une averse éclate : c'est de la neige fondue en rafale, abandon ! on s'abrite sous une devanture de supermarché. De nouveau nous discutons avec un homme qui nous confirme que la météo est vraiment catastrophique cette année, nous avons bien choisi notre période de visite du Monténégro (plutôt le Montebianco pour nous en regardant les sommets). Ca se calme (un peu) et après que Clarisse se soit revêtue de son accoutrement d'éboueur une nouvelle fois (voir article sur le départ), on redémarre...

Ca monte raide, très raide et il pleut de nouveau fort avec du vent fort, c'est en assez drôle. En haut du col on ne voit rien du fjord tellement il est pris dans le nuage d'averse... il fallait vraiment sortir de là. De l'autre côté, temps plus calme et plus clair, la pluie s'arrête, nous nous en réjouissons.

On retrouve la route principale et sa circulation, une voiture nous dépasse en klaxonnant : c'est l'entraîneur de foot rencontré au bar ! Drôle de hasard surtout que nous n'avions pas prévu de prendre cette route (Maps nous faisait rester hors de la grand route).

Nous avançons bien sur 20km mais ensuite la situation se gâte. Le vent forci et souffle désormais très fort, vu l'état de la mer il doit bien y avoir 40 ou 50 noeuds (70 à 90km/h). Le Monténégro est un pays très montagneux, la montagne se jette littéralement dans la mer, le vent du nord se fraye donc un chemin comme il peut et souffle en rafales dans tous les sens : on l'a de face, dans le dos, de côté alternativement. Le vent de face nous arrête net, le vent de dos nous propulse à 10km/h en montée et de côté nous fait faire de gros écarts (côté accotement). Clairement la météo n'est pas adaptée à la circulation à vélo !


Nous arrivons à Budva, station balnéaire festive en été... c'est l'apocalypse ! Nous coupons par le front de mer ce qui nous permet d'arrêter les écarts sur la route et d'avoir au moins le répit de la circulation. Quelle bonne idée ! La mer est blanche d'écume, le sable arraché à la plage nous fouette le visage. Nous nous arrêtons derrière une cabane... on se demande si elle va s'envoler ! Les seuls hurluberlus que nous croisons affrontant la tempête sont : un joggeur (au lieu de courir en côte rien de tel que de courir face au vent !) et un chercheur de métal sur la plage avec son détecteur.

Retour sur la route principale, la pluie se rappelle à notre bon souvenir, nous sommes rapidement trempés avec toujours autant de vent... Nous sommes plutôt en forme physiquement mais nous commençons à avoir un certain épuisement psychologique. La conduite dans autant de vent nous demande une forte concentration. Les automobilistes doivent vraiment ce demander ce que nous faisons là, nous aussi ! Nous avançons péniblement (et un peu dangereusement il faut l'avouer) et il paraît désormais clair que nous n'arrivons pas à notre destination prévue : il reste encore 20km, nous commençons à avoir froid et malgré une sorte d'éclaircie le vent commence vraiment à nous foutre la trouille ! Même à pieds on ne peut plus avancer lorsque nous l'avons de face.

A Petrovac on jette l'éponge, on fait encore 2km et on cherche une guesthouse indiquée sur Maps. Nous entrons dans un restaurant où il est aussi écrit "Apartment" (c'est comme ça qu'on dit ici), ils nous regardent bizarrement et n'ont pas de chambres finalement : "Allez voir au supermarché en face, ils vous diront où trouver des chambres" nous dit l'un d'eux dans un anglais approximatif. Au supermarché la dame ne parle pas un mot d'anglais (forcément) et nous aide tant bien que mal dans sa langue.

Nous allons un peu plus loin et trouvons un restaurant qui a des chambres lui. C'est bon il y a de la place (tu m'étonnes !). Nous entrons dans le restaurant, la télé est allumée mais muette, une personne boit un schnapps, les propriétaires sont en famille avec les enfants... nous avons presque l'impression de déranger. Il y a en fait un autre client... en vélo lui aussi (qui nous ignorera copieusement) ! La jeune fille qui nous accueille parle en fait bien anglais car elle est professeur de langue, elle aide son frère qui a retapé le restaurant.

Nous n'avons pas assez de liquide alors elle se propose de m'amener au distributeur au village d'à côté, j'en profite pour lui poser quelques questions sur le Monténégro, la situation avec les autres pays des Balkans et le tourisme. Il y a beaucoup de touristes l'été mais le reste de l'année c'est désert, du coup ils travaillent 3 mois par an et survivent le reste de l'année, à part quelques brebis égarées comme nous ils n'ont pas vraiment de clients hors saison mais sont ouverts quand même.

En bref, j'apprends que le Monténégro est plutôt en bonne relation avec la Croatie désormais mais il existe quelques rancoeurs car l'armée monténégrine a attaqué Dubrovnik en 1993 (sans réelle raison me dit elle). Avec la Serbie, de laquelle le pays faisait parti jusqu'en 2006, les relations ne sont pas au beau fixe depuis que le Kosovo est indépendant... car le Monténégro n'a pas pris partie pour la Serbie. Elle me dira aussi que les Albanais sont ok mais globalement très ruraux et ne pensent qu'à eux.

Pour ceux qui ne le savent pas, le Monténégro fait partie des quelques pays qui utilisent l'Euro alors qu'il ne fait pas partie de l'union Européenne.


Nous passons donc la soirée au chaud et profitons d'un bon repas alors que dehors les éléments sont déchaînés, un grand merci aux contributeurs de nos cagnottes "SOS-besoin-d-un-break-et-faites-vous-plaisir", ils se reconnaitront !

Les jours se suivent et... se ressemblent! Nous déchantons au réveil en ouvrant la fenêtre : il pleut toujours (en il pleige comme on dit) et à l'horizontal... va pourtant falloir y aller. On voit sur warmshowers qu'un couple d'Américains baroudeurs retraités sont établis à Sköder en Albanie.. à 70km de nous. On peut le faire ! Ils nous répondent positivement, cooool ! en plus ils ont l'air géniaux.

On traîne un peu la patte.. déjeuner dans la chambre, on fait nos affaires (sèches ouf!), on descend boire un café et on se jette dans le blizzard.

Ah ben il neige clairement désormais! Au moins ça mouille moins ! Mais il fait vraiment froid. La 1ere descente habituellement si agréable est un calvaire ! La neige (le grésil plutôt) avec le vent de face, toujours assez fort, nous fouette le visage, on arrive à peine à ouvrir les yeux !

Le vent diminue fortement ensuite et seules quelques averses nous arrosent.


A Bar nous passons devant une magnifique église orthodoxe. Maps nous fait ensuite prendre un raccourci nous obligeant à traverser la voie ferrée (super idée avec le tandem et la remorque), un homme en voiture nous voit et nous y conduit.. c'est un point de passage habituel.

Nous passons à côté de notre 1ère mosquée, le muezzin est en pleine action.. On sent le changement de culture approchant, la proche Albanie est musulmane.

Nous devons remonter un dernier petit col avant de passer la frontière. Nous prenons de la hauteur et il recommence à pleuvoir et à faire froid. A la mi-parcours, un restaurant tombe à point nommé, on s'y réchauffe, faisons sécher nos affaires et nous sustentons d'un copieux mix grill + excellent dessert + thé, le tout pour 12€ à 2, le top!

Nous voilà secs et dispos pour les 30km restants malgré la pluie (ou neige selon le moment). Les collines alentours sans blanchies et nous voyons de nombreux cimetières musulmans, nous quittons l'Europe que nous connaissons.

Poste frontière en vue, nous zibons les voitures par la file piétons... Nous voilà en Albanie !

Bilan routier

Nous avons surtout emprunté les axes côtiers et les routes y étaient plutôt très bonnes, l'arrière pays est sûrement très différent. Les automobilistes étaient plutôt disciplinés sauf sur la portion bosniaque et avant Dubrovnik. On retiendra quand même que les conducteurs qui nous ont le plus fait peur sont les professionnels de la route : taxis, autocars et semi-remorques... dépassements dangereux, aucune considération pour nous, bravo !

La mortalité sur les routes reste en tout cas assez élevée au vu du nombre de plaques commémoratives que l'on peut voir sur les bas côtés.

Plus de photos ici et

Et en prime un résumé en musique !!



 
 
 

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