Entre les gouttes... ou presque !
- lademandeenvoyage
- 11 mars 2018
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 mai 2020
Nous voilà donc partis par le train de Montréjeau à Toulouse où nous avons prévu une belle soirée entourés de pas mal d'amis (encore une ;)) et qui signera notre dernière soirée d'avant le voyage.
Nous débarquons du train, pas de chance nous ne sommes pas au Quai 1 : il faut porter le tandem et la remorque dans les escaliers (descente et montée). C'est lourd mais on s'en sort.Tout le monde nous regarde dans la gare de Toulouse Matabiau en cette fin d'après-midi. Une jeune fille nous interpelle: "j'espère que vous allez dans le bon sens car face au vent moi j'avançais pas".
Effectivement il y a 80km de vent de sud est, ouf on va dans l'autre sens (mais c'est exactement notre direction pour la journée suivante !), le message de notre amie Claire chez qui nous nous rendons, nous rassure: "suivez le canal mais attention aux chutes de branches" !
Nous nous retrouvons donc à une quinzaine pour fêter dignement notre départ au restaurant d'un ami : "Aux pieds sous la table" à Arnaud Bernard (adresse chaudement recommandée si vous passez par Toulouse !). Le restaurant ayant une épicierie fine en annexe, je craque au passage sur un paquet de riz de Camargue aux cèpes, 10cl d'huile d'olive à la truffe et un bout de fromage de brebis au piment d'Espelette (bah quittes a être chargé autant que ce soit avec de bonnes choses !).
Fabien, le patron, arrive en cours de soirée: "Je reviens de l'enfer !" (avec l'accent toulousain svp). Il arrivait de Montpellier.. où il avait neigé 40cm ! C'est à dire : pagaille totale, pieds gelés et train très en retard.. "Vous allez à Carcassonne demain ?! Et vous voulez camper ?!!? Bonne chance, les champs sont inondés de partout !". Bon ben ça promet, si en plus on a le vent de face la journée risque d'être sympa !
2 mars, la nature sera encore clémente avec nous, le vent et tombé (et a tourné, on l'a dans le dos désormais !), il fait beau et rapidement doux. Nous empruntons le Canal du Midi depuis les Ponts Jumeaux... et nous allons logiquement le suivre jusqu'à Carcassonne ! On sort de la ville sans soucis par les bords du canal et c'est hors de la circulation que nous attaquons notre 1ère vraie journée de voyage.

Nous avançons bien mais, surprise!, le bitume sur les bords du Canal s'arrête net à la fin du département de la Haute-Garonne. Nous continuons encore un peu mais sommes vite rattrapés par les intempéries des derniers jours : arbres en travers, glaise qui colle aux pneus et s'accumule... snif Georges et Bob étaient tout propres :'(. On quitte donc le canal pour s'engager sur les routes du Lauragais.
Peu avant Carcassonne, le vent tourne et on l'a désormais de face, on a déjà fait 90km et on commence a bien sentir la fatigue (surtout après s'être couchés tard et quelque peu éméchés par le vin et les excellents cocktails). On bifurque dans le village de Caux et on trouve un espace vert caché entre 2 haies qui nous protégerons du vent et des regards : c'est décidé on s'arrête ici!
1ère nuit sous la tente: nous n'avions pas eu l'occasion de la tester avant le départ. On est au top c'est un vrai palace ! Et pour le dîner ? Du cassoulet acheté à Castelnaudary pardi ;) Vive l'aventure !
Ce 1er matin nous prenons du temps à lever le camp car nous sommes pas encore rôdés. Nous sommes attendus à Pignan juste avant Montpellier ce soir, il va falloir usiner. Clairement ce n'est pas faisable, il nous faudrait une journée de plus, donc nous optons pour rejoindre Narbonne, prendre le train jusque Sète puis finir en vélo.
La traversée de Carcassonne et des Corbières ne sera pas super agréable car nous passons par les grandes routes et la circulation est assez dense. Ceci dit nous nous rendons compte qu'il est plus agréable d'être sur une 2 fois 2 voies que sur une départementale chargée car même si elles arrivent vite, les voitures s'éloignent sur la 2e voie pour nous doubler.
Heureusement il fait très beau et doux, on frôle les 17 degrés alors que plus au nord il fait encore bien froid au vu des messages que nous recevons ! Quelle chance !
Au détour d'un village, lorsque nous quittons la route principale, nous croisons Jean-Baptiste, pèlerin revenant de Jérusalem à pieds, rencontre fortuite et sympathique. Il est triste de laisser la Méditerranée dans son dos, nous allons la rejoindre bientôt.
Arrivée à la gare de Narbonne 5min avant le départ du train. La gare est pleine et le train bien rempli car c'est le samedi des vacances. Pas le temps de prendre un billet on verra avec le contrôleur. Malgré le monde, le chef de gare ne nous dit rien quand nous montons dans le train avec tandem et remorque, finalement nous gênons moins que les 3 jeunes qui sont dans l'entre-wagon avec leurs valises !
On arrive à Sète 1h plus tard sans avoir vu le contrôleur, on prend ça pour une aide à notre voyage de la part de la SNCF. Direction Frontignan pour la pause dej (de 16h...) au soleil sur la plage. Les routes du bord de mer sont inondées, on sent qu'on passe après le déluge ! On est vraiment passé entre les gouttes.
On discutera pistes cyclables avec 2 retraités en vélo, ça s'améliore dans la région mais ce n'est pas encore ça... On peut faire le tour de l'Etang de Thau désormais c'est déjà une bonne chose ! Nous emprunterons d'ailleurs une belle piste cyclable pour quitter Frontignan entourée d'étangs et de leurs colonies de flamands roses.
Encore une vingtaine de kilomètres à parcourir, on doit passer une petite colline, on est mort mais on sait qu'on est proche... c'était sans compter les routes inondés que le GPS n'avait pas prévues ! Et oui 40cm de neige qui fondent d'un coup ça fait de l'eau... On voit ça et là des blocs de neige esseulés sur le bord de routes, souvenir d'un épisode neigeux aussi bref qu'intense.
A la nuit tombée nous arrivons enfin à Pignan où nous retrouvons avec joie Patrice, Mélanie et leur fille Maya qui a bien grandi depuis notre dernier passage ! Double-dose de côte de boeuf au diner et on s'écroule du sommeil du juste.

Après le beau temps... la pluie ! Il fait déjà gris et ils annoncent la pluie pour l'après-midi, parfaite météo pour profiter de la Camargue (humm...).
On passera tout de même par Villeneuve-lès-Maguelone pour voir la Cathédrale (finalement fermée suites aux intempéries), par la Grande Motte pour une pause sardines/pain, par le Grau du Roi pour se déguiser en éboueur (photo à l'appuie) et par Aigues Mortes pour... voir Aigues Mortes :)
On s'enfonce ensuite dans la Camargue le long du Canal du Rhône à Sète, on est seuls et pouvons apercevoir aigrettes, hérons, chevaux, taureaux et ragondins fuyants à notre passage.

Nous trouvons un coin pour bivouaquer juste avant que la pluie ne s'intensifie et nous profitons (et testons par la même occasion) de l'étanchéité de la tente pour la soirée. Nous sommes un peu inquiets de se réveiller les pieds dans l'eau mais finalement la pluie s'arrêtera assez tôt et nous nous endormons bercés par les bruits de la nature environnante.
Agréable surprise au réveil, il ne fait pas beau (faut pas pousser) mais il ne pleut pas et on est déjà heureux ! On prend le thé sur les bords du canal encore une fois entourés de la faune camarguaise. Il faudra vraiment revenir ! Aller hop c'est parti on doit être à Eguilles (à côté d'Aix en Provence) ce soir (on aime les challenges... nos jambes moins !). On continue notre traversée de la Camargue direction Arles par des routes calmes le long des vignes, on en profite pour poser quelques questions à un viticulteur (qui fait ça pour occuper sa retraite), Clarisse interpelle chevaux et taureaux à coup de klaxon (merci Lilie Cornet pour ce cadeau).

Au détour d'une route, on découvre que le centre national du microfilm et de la numérisation se trouve caché en pleine Camargue, drôle.
Saint-Gilles, passage par le supermarché pour le pic nic du midi, Clarisse ne trouve pas les "Cocottes", excellent biscuits commercialisés par Saint-Michel avec un emballage 100% recyclable (papier/carton) !! On adore ! La chef de rayon est assez intéressée pour les ajouter à leur référencement, hop on sème nos graines ;)
A Arles le temps se gâte (fallait bien que la chance s'arrête !), il reste 70km, tant pis on se lance, au moins on aura testé l'équipement de pluie ! On fera tout le trajet sous une forte pluie, les 15 derniers kilomètres de petite route en faux plat montant farcie d'énervés quittant le travail seront une vraie "punition" (Seb, si tu me lis). On se rappellera de la D17 !
Petit aparté : que vous soyez pressé ou non, ralentissez et éloignez-vous lorsque vous doublez un vélo sur la route ! Et n'hésitez pas à passer le mot :)
Nous arrivons une fois encore à la nuit tombante chez Antoine et Carlota, relâchant notre attention nous manquons de nous prendre une belle gamelle dans le chemin juste avant d'arriver.

Le bus pour Gênes est pour mercredi, nous avons donc 2 soirs pour profiter de nos amis et une journée qui s'annonce ensoleillée pour sécher nos affaires et mettre Georges dans un carton (pratique d'avoir un tandem démontable).
Antoine et Charlotte partent en tandem eux aussi, pour faire le tour de l'Europe pendant 7 mois, malheureusement nos départs n'ont pas pu se faire en même temps, on compare nos équipements, bon il n'y a pas photo on est plus chargés qu'eux !
Mercredi 8 mars, ça y est nous allons donc quitter la France et nous jeter dans le grand bain ! On charge le carton sur le toit de la voiture (la sangle emmenée nous est utile !) et Antoine nous dépose au départ du bus "Flixbus" pour Gênes. Le chauffeur refuse catégoriquement le carton (alors que nous sommes en règle avec les conditions du site), ça commence bien, mais il acceptera finalement après lui avoir expliqué qu'on se chargeait de faire la manutention. En route !

Plus de photos ici.
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